Cette communication traite du rapport à la rue des résidants de maisons à logements superposés du Vieux-Limoilou, un quartier de la ville de Québec édifié entre 1906 et 1949, en relation avec, d'une part, leur trajectoire résidentielle et leur statut d'occupation et, d'autre part, la transformation des normes et pratiques culturelles d'habitat au Québec. Notre stratégie de recherche combine l'analyse typo-morphologique du milieu bâti à l'étude des significations de la vie urbaine et du chez-soi ainsi que des usages du logis. Nous avons interrogé un échantillon non représentatif de 100 résidants, photographié les élévations avant et arrière de leurs immeubles et établi les relevés de leurs logements. L'analyse compare la forme des prolongements extérieurs avant et arrière du logis ainsi que les usages et significations qui y sont rattachés. Les résultats suggèrent qu'en dépit des transformations des modèles d'habitat, des styles de vie et de la vie urbaine en général, le type de rapport à la rue à partir des balcons avant, dont l'origine remonte à la période d'édification du quartier, s'est maintenu à travers des générations successives de résidants.